Le processus de métropolisation demeure au cœur de l’axe 2 en relation étroite avec l’historicité de cette dynamique. Il sera questionné en parallèle, en miroir ou couplé avec le processus de (Re)Territorialisation, non pas comme des processus qui s’opposent nécessairement, mais comme des dynamiques contemporaines qui évoluent en s’hybridant.
L’axe 2 se projette dans cet espace dialectique, ambivalent et dialogique dont procèdent la métropolisation et les dynamiques de (re)territorialisation. Qu’il s’agisse d’exodes métropolitains choisis ou contraints, de flux symboliques davantage que de flux physiques, ces mobilités croisent des migrations relayées à d’autres échelles, consécutivement à des crises et des guerres. Le travail sur les marges, les interstices demeure crucial à titre de signaux faibles qui annoncent des reconfigurations, des résistances, des sursauts, etc. et luttent contre, s’opposent, négocient ou rusent avec cette force qui tend à niveler.
Nous y trouverons tous les travaux qui se consacrent notamment aux voix dans la ville, à l’art urbain, à toutes ces expressions fugaces, éphémères, mais non nécessairement mineures.
Cet axe est également le lieu d’enquête pour décrypter les processus de (re)territorialisation en gestation, et questionner la manière dont ils transforment les métropoles et leur projet mais également leur potentiel de réorganisation des territoires urbains et ruraux pour les préparer face aux changements climatiques.
Axe 2 : Métropolisation, Territorialisation, Projets de Transition
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Sur le plan des pratiques de conception architecturale, urbaine, paysagère, l’évolution des grandes métropoles montre que les territoires sont davantage configurés par les dynamiques de flux (personnes, matières, capitaux, informations, etc.) et les processus multi-décisionnels complexes et accélérés qui les sous-tendent, plutôt qu’à travers les logiques de planification traditionnelles. Cela appelle à reconsidérer les modes d’analyse et de conception du projet architectural/urbain/paysager/territorial et à redéfinir les métiers et les horizons de sens des champs disciplinaires de la conception spatiale ; voire à s’intéresser davantage aux externalités négatives d’un modèle de développement de plus en plus clivant (disparités croissantes des richesses, pollution(s), appauvrissement de la biodiversité, perte de cohérence territoriale, etc.).
Cet axe ouvre, enfin, un champ d’investigation sur la question du projet spatial - de l’échelle architecturale aux échelles urbaines et territoriales - et la manière dont elle prend en compte ces processus évolutifs. Cela concerne à la fois la transition de la pensée projectuelle elle-même, dans ses théories et modes opératoires (quels changements de posture, d’outils, de catégories conceptuelles – entre projet urbain / métropolitain / territorialiste / bio-régionaliste, etc. ?), mais aussi les sens que prennent aujourd’hui les projets de transition. Quelles spécificités dans leurs approches et méthodes de conception, leurs pédagogies, leurs jeux d’acteurs, modes de gouvernance, horizons d’attente, etc. ?
Parmi ces possibles, figurent les pratiques de projet qui tentent d’apprivoiser ces processus au profit de figures humanistes (urbanités, civilités, etc.) qui persistent comme des phares hérités de Lumières et de la modernité sous l’angle de la civilisation.